Trois ans d’attente : une mère demande un meilleur accès aux services d’orthophonie
Aux grands maux les grands moyens. Une mère de la Côte-Nord a décidé de prendre les choses en main pour revendiquer un meilleur accès aux services d'orthophonie dans la région. Erika Glazer-Gauthier lance une pétition Son jeune enfant, qui présente un trouble de langage sévère selon sa mère, a dû attendre près de trois ans sur la liste d’attente du programme Dès avril 2022, la femme de Chute-aux-Outardes a entrepris des démarches pour que son enfant, alors âgé de deux ans, bénéficie d’un suivi en raison de ses difficultés de langage. La mère de Rivière-aux-Outardes espère porter son message jusqu'à l'Assemblée nationale du Québec et discuter avec le premier ministre, François Legault. Photo : Facebook / Érika Glazer-Gauthier Il y a beaucoup de parents qui vivent la même situation que moi, et je me suis rendu compte que c’était à la grandeur de la région, comme en Gaspésie. Des parents m'écrivent et m'expliquent que leur enfant n’avait jamais été vu par un orthophoniste. Pendant ce temps, bien que le petit obtienne un certain accompagnement, les années passent. L’enfant entamera la maternelle l’année prochaine avec un retard de langage qui pourrait l’isoler des autres. Mauvaise nouvelle : le jeune d’Érika Glazer-Gauthier Une fois qu’elle obtient le diagnostic de trouble de langage sévère et le plan d’intervention, elle l’envoie au service d'orthophonie de Baie-Comeau. Trois ans plus tard, le petit est rencontré par une éducatrice spécialisée. À ce jour, il n'a toujours pas vu l'orthophoniste à Baie-Comeau, souligne sa mère. Il souligne que ces difficultés peuvent entraîner des conséquences sur les plans de la socialisation et du l’apprentissage. La pénurie d'orthophonistes dans le système d'éducation limite l'accès aux services pour les enfants, d'après le président de l'Ordre, Paul-André Gallant. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada Paul-André Gallant estime que les longs délais pour obtenir des services en orthophonie sont fréquents depuis les dernières années, que ce soit dans les régions éloignées ou même dans les grands centres, comme à Montréal. Ces retards répétés touchent particulièrement le programme Agir tôt qui permet de dépister les difficultés de développement chez les enfants de 0 à 5 ans le plus tôt possible. Mais aujourd’hui, les 4000 orthophonistes du réseau des services sociaux sont Sur le plan sociétal, je ne pense pas qu’il y ait nécessairement plus de besoin ou de difficultés de langage, mais je pense qu’on les dépiste plus tôt. Les gens sont de plus en plus sensibilisés, notamment les médecins. Donc, toute cette situation fait qu’on a l’impression qu’il y a de plus en plus de problèmes de développement. Le président de l’Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec plaide pour un financement accru de Par courriel, le CISSS de la Côte-Nord indique que 537 enfants sont en attente de Plusieurs ressources s'offrent aux parents dont l'enfant attend une consultation avec un orthophoniste, indique le CISSS. (Photo d'archives) Photo : Getty Images / FatCamera La mise en place des trajectoires de services [adaptés aux besoins des enfants] devrait permettre de diminuer le délai moyen d’attente pour un premier service en orthophonie et éviter les doubles attentes. Bien qu’il ne soit pas toujours nécessaire de voir un orthophoniste, une évaluation par ce dernier demeure nécessaire si les premiers services n'ont pas permis d'améliorer la situation de l'enfant, ajoute le conseiller en communication du CISSS, Pascal Paradis. Le CISSS de la Côte-Nord emploie 12 orthophonistes et assure avoir entrepris des démarches pour pourvoir les 5 postes permanents vacants pour un meilleur accès aux services d’orthophonie sur la Côte-Nord
, parrainée par le député péquiste de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé. Samedi, la pétition comptait plus de 200 signatures.Agir tôt
avant de voir un orthophoniste.Avec le programme Agir tôt, [mon enfant] a été mis sur une liste d’attente au sein du service d’orthophonie de Baie-Comeau
. Résultat : la mère découvre alors que le délai d’attente moyen peut atteindre jusqu'à 900 jours.
Je voyais qu’il allait commencer avec des lacunes
, s’inquiète la mère.À la garderie, les adultes autour de lui ont de la difficulté à le comprendre. Ça génère de la frustration et l’isolement de mon enfant. Au CPE, des fois, il explique quelque chose et ses autres amis ne le comprennent pas
, dit Érika Glazer-Gauthier.n’est pas assez vieux pour être vu
au secteur public. Elle se résigne alors à faire affaire avec le système privé et obtient un rendez-vous en personne, à Québec, pour près de 400 $.Un temps d’attente
inacceptable
, selon l’Ordre des orthophonistesC’est des délais d’attente qui sont inacceptables à tout point, que ce soit au niveau des enjeux de développement, surtout pour un enfant avec des troubles de langage
, juge le président de l’Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec, Paul-André Gallant.C’est important de s’en occuper le plus tôt possible
, ajoute-t-il.
insuffisants
dans le réseau public pour répondre à la demande, dit-il.l’après-Agir tôt
, afin que les jeunes ayant des difficultés de développement puissent bénéficier d’un accompagnement adéquat avant leur entrée à l’école, et ce, sur le long terme.Les délais devraient diminuer bientôt, estime le CISSS de la Côte-Nord
services reliés au langage
sur la Côte-Nord. Le délai moyen avant qu’un enfant soit acheminé au service approprié est de 609 jours.
dans les prochains mois
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